Sophie Berkelaers : « Prémol est à inscrire au registre du patrimoine et de l’avenir »

Sophie Berkelaers : « Prémol est à inscrire au registre du patrimoine et de l’avenir »

En 1988, Le Théâtre/MJC Prémol co-produit avec La Marmite ma 3ème mise en scène (Emballage perdu de Véra Feyder). La Marmite, nous l’avions créée l’année précédente avec mes camarades de la classe professionnelle du conservatoire de Grenoble.

Dès 1988, La directrice de la MJC Prémol Sylvie Tarozzi, réussit à m’attirer vers la pédagogie théâtrale en me proposant d’encadrer un atelier de découverte à destination des adolescents du quartier. Là, je ne savais pas que j’allais être partie-prenante et dévouée corps et âme à une aventure qui fête ses 30 ans cette année, celle de La Cie Les Petits Poids.

Création théâtrale mais aussi, connaissance et conscience partagées. Chaque pièce de théâtre imaginée par la Cie  a été un pont,  d’un quartier à l’autre, d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre. Un pont pour relier les âges, les regards, les connaissances, les histoires collectives et les sensibilités individuelles, un pont pour donner sens à nos vies d’enfants car ce sont elles qui nous portent.

Le théâtre Prémol est emblématique pour La Compagnie les petits poids qui a bien failli disparaître le premier incendie, il y a 25 ans. Il faut beaucoup d’opiniâtreté, et de foi en l’être humain pour reconstruire un théâtre et la troupe de jeune accompagnée par les artistes a été le support de cette foi.

De la scène du théâtre Prémol, les artistes de La Marmite et les jeunes acteurs de la Cie les petits poids  se sont lancés sur les routes du spectacle vivant, passant de  l’Allemagne, au Maroc, de la Chine au Brésil,  avec un détour par la Roumanie mais revenant toujours à Grenoble pour partager et inventer de nouvelles créations.

Tout comme l’Espace 600, Le théâtre Prémol est à inscrire au registre du patrimoine et de l’avenir de la création humaine et artistique. A deux pas des grands temples de la consommation de Grand Place, il y a cet îlot presqu’improbable de jeunesse qui se construit et se reconstruit patiemment pour permettre à la vie de ne pas désespérer.